Alcoolisme, Anxiété et Dépression.
L'association anxiété / dépression / alcoolisme est très fréquente. Dans la majorité des cas (estimés jusqu'à 70%), la consommation excessive d'alcool et la dépendance apparaissent avant le véritable syndrome anxieux ou la véritable dépression ; on dit que l'alcoolisme est primaire. Dans le cas inverse (30%), il est secondaire, c'est-à-dire que l'alcoolisme apparaît après le trouble de l'humeur.
 

En fait, on a tous expérimenté les effets désinhibiteurs, euphorisants et sédatifs de l'alcool. En cas de dépression ou d'anxiété, on peut en rechercher les effets par " l'auto-médication ", en quelque sorte.

 

Mais ces effets " anxiolytiques " de l'alcool s'inversent, lors de l'alcoolisation chronique par l'adaptation progressive du système nerveux central. Ainsi les dépendants primaires développent-ils parfois anxiété et dépression secondaires, et le recours à l'alcool est non seulement inefficace, mais au contraire il aggrave les anxieux ou dépressifs primaires. Ceci crée un véritable cercle vicieux.

 

 

On se rappellera aussi que les alcooliques ont tendance à minimiser, voire à nier leur alcoolo-dépendance, pour privilégier une affection psychique telles l'anxiété ou la dépression moins "coûteuses" en terme de culpabilité dans notre culture, surtout à l'égard des femmes.

 

Ainsi lorsqu'il y a dépression et alcoolisme, soigner, en premier lieu, la dépression est, dans la presque totalité des cas, voué à l'échec. Il vaut mieux s'attacher à guérir, d'abord, l'alcoolo-dépendance et, ensuite, la dépression si celle-ci persiste, ce qui ne sera le cas que pour 30% des malades.

 

En pratique donc, chez le patient alcoolo-dépendant, le meilleur anxiolytique et le meilleur antidépresseur au long cours, c'est l'abstinence. Les anxiolytiques et sédatifs ne sont prescrits que lors de la cure de sevrage, à doses dégressives, pendant 2 semaines environ, pour éviter la survenance d'une autre dépendance.

 

Chez 70 % des patients, un mois d'abstinence normalise l'humeur.

 

Ce n'est que chez des patients présentant toujours une anxiété ou une dépression après l'arrêt de l'alcool ou chez ceux qui développent une "dépression post-sevrage" (10 %), que la prescription adaptée de psychotropes s'imposera pour éviter les ré-alcoolisations.

 

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